Je l’ai déjà fait remarquer : le premier tour des présidentielles passé, les législatives sont désormais l’enjeu principal. Or elles offriront un exercice inédit. Au lieu de deux grands coalitions droite et gauche, plus le FN sur la marge, on aura désormais 5 grands partis ou groupements de poids comparable. La plupart de leurs candidats pourront se maintenir au second tour, et c’est le premier d’entre eux qui gagnera, éventuellement avec un score faible.
Ce qui explique la stratégie d’En marche, visant à casser les partis rivaux et notamment LR. Ce qui implique en retour pour la droite de gouvernement de rester unie, avec une priorité absolue aux législatives, et sans faire aucune concession à E. Macron.
Voyons plus en détails…
Les présidentielles en cours ont mis au centre du débat le vote antisystème. Pratiquement tous les candidats s’en réclament d’une façon ou d’une autre, à vrai dire de façon plus ou moins crédible. Ceci dit l’appellation a son sens pour plusieurs d’entre eux (Le Pen, Mélenchon, etc.), et mises en semble leurs parts de marché électoral, au vu des sondages, approchent ou dépassent les 50%. Ce qui est déjà un signal majeur du mécontent populaire et de la désillusion à l’égard de la classe politique et au-delà. Et donc d’un besoin de changement profond. En même temps évidemment ces positions antisystèmes sont loin de coïncider.
Tout ceci conduit à augurer, quel que soit l’élu en mai, et la composition de l’Assemblée ensuite, une France assez peu gouvernable.
Mais là n’est pas mon propos ici. Je pose plutôt la question de fond : qu’est-ce qu’être antisystème ? Voter pour des candidats qui se présentent comme tels est-il efficace et fiable pour obtenir le résultat attendu ? Que faut-il faire pour vraiment changer les choses ?
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Bienvenue dans le nouveau monde politique, militaire, économique et financier mondial
Un nouveau livre.
Avec une préface du général Jean-Bernard Pinatel. L’observation convergente de nombreux champs de la vie collective montre qu’on est entré dans un système mondial bien moins régulé que celui que nous avons connu encore il y a peu. Nous sentons tous que ce monde est instable, et peut aller dans des directions variées et imprévisibles. Ce qui est tout à fait nouveau. Le monde de la première mondialisation avant 1914, dominé par une Europe sûre de soi, était à sa façon considérablement plus régulé qu’aujourd’hui (même si cela ne l’a pas empêché d’exploser en 1914). Le monde d’après-guerre, polarisé par la guerre froide, vivait sous une menace permanente mais était lui aussi relativement régulé dans ce cadre. Avec la fin de l’URSS, on nous a expliqué qu’on avait trouvé dans le triomphe de la démocratie libérale, la formule, la fin de l’histoire, un ordre définitif. C’est le contraire qui s’est produit. Le monde d’aujourd’hui est de moins en moins régulé au sens vrai du terme alors même qu’il accumule les réglementations et les contraintes. Et l’interaction entre des forces qui sont plus hétérogènes et moins régulées qu autrefois y est plus grande et plus rapide que précédemment. Un monde ainsi animé par une grande agitation, aléatoire et irrégulière, est par nature instable...
Présentation...
L’actualité politique est dominée à nouveau par les affaires – au moins au niveau médiatique. L’affaire Fillon bien sûr ; les reproches analogues faits à Marine Le Pen ; les accusations contre E. Macron, et tout ce qui pourra venir.
Je ne rentrerai pas ici dans l’analyse des faits incriminés : je m’interroge sur leur portée et le sens de ces campagnes de presse.
La question mérite d’être posée au fond. Doit-on vraiment choisir le futur gouvernement du pays sur la seule base des affaires en cours ?
En définitive, que s’agit-il de juger chez des gouvernants ?
Y répondre conduit à prendre du champ par rapport à l’hystérie ambiante.
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C’est devenu un thème à la mode dans le microcosme catholique : tous nos maux sont dus au libéralisme économique et à lui seul. Pas seulement la dégradation de l’environnement ou la montée des inégalités, ce qui a du sens. Mais la loi Taubira, la dégradation de la famille, la GPA, l’avortement, la laideur ambiante, la dégradation de l’orthographe, l’immigration, Madame Vallaud Belkacem, Daech, l’Arabie Séoudite, les guerres… Peu importe l’effet, la cause est universelle.
Une telle pensée est bien confortable...
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La reprise des combats à Alep laisse entendre que le gouvernement syrien et ses alliés russes et iraniens ont fait le choix de la victoire militaire, au moins pour s’assurer le contrôle de ce qu’on appelle la Syrie utile, de Damas à Alep et jusqu’à la Méditerranée. On s’interroge naturellement sur le succès possible ou non de cette stratégie, qui peut être gagnante même si la situation est extrêmement complexe.
La question que je pose ici est différente ; elle est éthique et générale, et va bien au-delà de la Syrie : y a-t-il des cas où une situation étant ce qu’elle est, la poursuite de la victoire militaire est moralement la moins mauvaise solution ? Si oui, est-ce que cela reste vrai même en cas de guerre civile ?
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Le Brexit, la décision britannique de sortir de l’Union européenne n’a pas été seulement un coup de tonnerre. Elle a mis à jour l’ampleur des problèmes de l’Union. La violence inouïe de la critique adressée aux électeurs britanniques est symptomatique de la soumission quasi religieuse que le système de pensée dominant exige par rapport à l’idée européenne, d’autant plus étrange qu’il se veut rationnel.
Bien au contraire ce doit être pris comme le signal salutaire que les choses ne vont pas du tout comme elles devraient.
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Le TTIP ou Tafta, traité de libre-échange entre l’Europe et les Etats-Unis, est bien discret. Un treizième round a commencé le 25 avril. Mais la négociation est secrète et cette opacité inquiète. Consommateurs, salariés, agriculteurs, l’inquiétude est grande.
A vrai dire on se demande l’intérêt d’une mécanique aussi lourde, pour des résultats a priori modestes. Mais le plus important n’est pas là. Il est dans le principe.
Le libre-échange est plutôt une bonne chose en général. Mais la capacité d’une communauté comme la nation de faire ses choix et de défendre le genre de vie et les orientations qu’elle souhaite est plus fondamentale encore. Loin donc de répéter au niveau transatlantique les errements bruxellois, c’est l’Europe elle-même qui devrait desserrer son emprise sur les communautés qui la constituent.
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[Ce texte est de 2010. Il garde hélas toute sa valeur en 2016, après un quinquennat perdu.]
Au-delà des perspectives politiques immédiates, ce qui frappe dans la classe politique en général et en premier lieu chez le président est l’absence d’analyse structurelle de la société et des causes profondes de déséquilibre, d’où résulte l’incapacité à définir un projet réellement mobilisateur.
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Ce qui est extraordinaire dans la négociation qui vient de se conclure à Bruxelles pour prévenir le Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne), c’est que tout cela a été construit comme une exception purement britannique.
Or il est notoire que de nombreux autres pays ne souhaitent pas une union toujours plus étroite, ne participent pas à Schengen ou à la zone euro, et que les opinions publiques, même dans les pays les plus engagés, sont pour le moins divisées sur cette perspective.
Pourquoi donc limiter l’exception aux Britanniques et imposer aux 27 autres pays une mécanique folle sans marche arrière ? C’est tout le système qu’il faut revoir.
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