La simultanéité des crises politiques égyptienne, turque et brésilienne a frappé les observateurs. Dans les trois cas des gouvernements démocratiquement élus sont contestés activement, parfois violemment, par des foules nombreuses, débouchant sur une mise en cause de leur légitimité - au moins de leur action politique. Pourtant il n’est pas évident que ces gouvernements élus n’aient pas l’appui de la majorité de la population, notamment en Turquie. Mais les médias occidentaux ont immédiatement pris parti pour les opposants. Sans réflexion sur cette entorse à la logique démocratique.
En revanche personne n’a fait le rapprochement avec la Manif pour tous française. Or là aussi on a eu des foules nombreuses, représentant une part importante de l’opinion, sans doute majoritaire à l’époque – au moins sur l’adoption. Mais ici le petit monde médiatique trouve tout à fait normal que la majorité parlementaire passe en force. Que se passe-t-il donc ?
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Géopolitique, économie, religion et valeurs, culture : l’observation de nombreux champs de la vie collective montre de façon convergente qu’on est entré dans un système mondial bien moins régulé et canalisé que celui que nous avons connu, encore dans la période récente.
Il y a bien moins de références communes et bien moins de crans d’arrêt.
Mais en même temps l’interaction entre ces forces plus hétérogènes et moins régulées est plus grande et plus rapide que précédemment.
Un monde ainsi animé par une grande agitation aléatoire et irrégulière est par nature un système instable. Bienvenu aux participants : émotions garanties.
Manif pour tous : il n’est pas besoin d’insister sur la nouveauté absolue de ce mouvement dans le contexte français et même international. On n’a pas vu depuis 30 ans et plus pareille mobilisation sur la durée, à contre-courant du politiquement correct dominant, avec des méthodes à la foi inventives et exemplaires. Mais au-delà de la question immédiate du ‘mariage pour tous’, quel sens ce mouvement peut-il prendre à l’avenir ?
A mon sens, pas dans le champ politique large, incluant l’économique et le social, et fondé sur le compromis. Mais je vois deux objectifs majeurs : imposer une alternative au politiquement correct dans ces matières essentielles que sont la famille et la vie ; faire sortir de la conception de la démocratie comme dictature majoritaire. Ce qui implique la poursuite du mouvement sous une forme originale. La créativité est à nouveau à l’ordre du jour.
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On parle beaucoup de Droits de l’homme à notre époque, dans les grands débats de société. Comme si revendiquer des droits était la démarche la plus noble de l’homme. Des droits qu’on comprend pourtant bien souvent comme celui de n’en faire qu’à sa tête.
La notion recouvre bien sûr une réalité très importante : celle du respect dû à la personne, à son épanouissement et à la liberté qui en est la condition nécessaire.
Mais un peu de recul historique et de réflexion montre qu’elle est bien plus complexe, partielle et changeante qu’on ne le pense. La relecture des Déclarations de droits (1789 ou 1948) le confirme.
En fait ce qui manque aux Droits de l’homme tels qu’on les comprend dans le discours dominant, c’est un fondement.
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Avec son million de participants la manifestation du 13 janvier a été un considérable succès, c’est une évidence. A côté du débat de fond, on peut en tirer des leçons très instructives sur les conditions actuelles de l’action politique et du débat public. Notamment la nécessité d’un contrôle extrêmement strict des incidents possibles et donc des prises de parole.
Cela en dit long sur la chape de plomb effarante que le politiquement correct fait désormais peser sur toute forme d’expression publique. Plus exactement, sur la précarité de parole de ceux qui ne sont pas conformes aux canons de ce politiquement correct.
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Méga-crise financière de 2008, crise de la zone euro, montée en force des pays émergents, débats sur les mœurs etc. : tout change de façon dramatique. Dans les domaines les plus variés, économie, mondialisation, mœurs. L’histoire bouge-t-elle à nouveau ? Sommes-nous à une époque charnière ? Bien sûr. Il en sera ainsi tant que nous en resterons dans cette postmodernité où nous pataugeons depuis 1968.
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(Nouvelle rédaction de l’article)
Peut-on parler d’une culture de mort ?
Oui, quand une société refuse d’accueillir la vie qui vient, manipule ses embryons, et envisage la suppression des vieillards gravement malades. Elle a beau proclamer son culte de la santé, elle le limite à l’adulte conscient, selon un mythe narcissique qui est à l’opposé de la logique de vie.
Car la vie réelle est don et transmission. Aucune des formes de vies existantes ne possède une promesse de survie indéfinie sur cette terre, ni de bonheur parfait. Notre tâche en ce monde consiste à accepter nos limitations individuelles et à les dépasser par le don de la vie.
C’est cette même attitude qui fonde le lien social, et d’abord la famille. Ce lien n’est pas fondé sur un contrat libre entre individus, noué et dénoué à volonté. Accepter la vie c’est accepter les autres comme ils nous sont donnés. Les aider si possible à aller dans le sens du bien, mais pas rompre le lien.
Ce qu’on peut appeler culture de mort refuse cette dimension, et donc refuse la vie telle qu’elle est. Et dans son refus elle sacrifie ce qui la gêne, s’érigeant en juge du bien et du mal. Ce faisant, elle prolonge à sa façon les tentatives totalitaires du passé.
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Reconnaître le besoin de morale, c’est bien, et c’est que demandent les Français. Vincent Peillon a su ici toucher une corde sensible.
Mais recycler le cocktail d’endoctrinement et de supposée émancipation que popularisait la IIIe république ne fera plus l’affaire. Car à l’époque les fondements de la morale étaient encore largement consensuels. Ce qui n’est plus le cas dans notre contexte postmoderne.
On a besoin de valeurs morales communes. Mais il n’y a pas de morale qui soit le fruit du jeu incontrôlée des préférences de chacun : la morale, c’est la question du bien et du mal ; et le bien et le mal sont objectifs ou ils ne sont pas. Pas toujours faciles à discerner, certes. Mais hors de portée si on ne reconnaît pas qu’ils ne sont ce qu’ils sont que s’ils s’imposent à nous comme vérités objectives. En bref, comme loi naturelle.
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La dernière idée à la mode à Bruxelles : l’union bancaire. Un nouvel avatar de cette course en avant, que devient de plus en plus la construction européenne.
Il est urgent de revenir aux réalités de base, et aux responsabilités premières, qui en la matière sont nationales. Ce qui n’exclut pas la solidarité entre Européens.
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